C'est en Bretagne, à Rennes que vit le jour la future grande Mezzo Soprano Stéphanie d'Oustrac, le 27 juin 19... chut ;-)

Son arbre généalogique recèle 2 grands compositeurs français. Stéphanie est en effet l'arrière petite nièce des compositeurs Francis Poulenc et Jacques de La Presle. Stéphanie ne s'en enorgueillit pas outre mesure, mais elle met un point d'honneur à honorer ses illustres ancêtres en interprétant leurs œuvres, que ce soit "La voix humaine" de F. Poulenc ou "Nocturne", "Dedette" de J. de la Presle.

Malgré sa timidité et quelques soucis d'asthme, Stéphanie chante dès le plus jeune âge dans la Maîtrise de Bretagne dirigée par Jean-Michel Noël (sa première belle rencontre). Au moment de l’adolescence, elle passe l’audition du Conservatoire d’Art Dramatique de Rennes où elle sera admise, tout comme un de ses camarades aujourd'hui bien connu : Yann Tiersen. Sa première vocation est alors dirigée vers la comédie, le théâtre, mais le film "Yentl" avec Barbra Streisand lui ouvre les yeux en lui montrant que chant et comédie peuvent être liés, mais c'est surtout un récital de  la mezzo soprano Teresa Berganza qui la dévie de son idée première et la conduise naturellement vers l'Opéra où tous ses talents pourront enfin s'exercer.

Après son bac elle rejoint le Conservatoire national supérieur de musique et danse de Lyon. Elle y obtient en 1998 le premier prix de chant en présentant un air de l’Ariodante de Haendel, celui de Rosine du Barbier de Séville de Rossini, La Dame de Monte-Carlo de Poulenc et une pièce contemporaine avec clarinette de Gilbert Amy.

Une des plus belles rencontres de sa carrière se fait alors en la personne de William Christie (qu'elle retrouvera souvent sur sa route depuis) qui travaille avec l'ensemble des Arts florissants et qui l’engage à l’Académie baroque d’Ambronay pour le rôle de Médée dans le Thésée Lully. Elle reste d'ailleurs toujours fidèle à l'Académie d'Ambronay pour l'enregistrements de ses CDs.

Pendant quelques années (de 98 à 2002 environ) elle va multiplier les seconds rôles de qualité qui lui permettent de perfectionner son jeu et sa voix.... Puis arrivent, rapidement, les premiers rôles comme dans Les Paladins de Jean-Philippe Rameau, Médée de Marc-Antoine Charpentier, Armide et Atys de Lully, La Périchole, La Belle Hélène....

Stéphanie sera un temps, surtout associée à l'Opéra Baroque, mais son talent lui permet d'aller voir ailleurs et de s'imposer dans des productions telles que :  Didon et Enée de Purcell avec les Arts Florissants, L’Etoile de Chabrier , Les Contes d'Hoffmann de Jacques Offenbach, Carmen de Bizet à Lille en 2010, L'heure espagnole de Ravel, Theodora de Haendel, Béatrice et Bénédict de Berlioz, Pelléas et Mélisande de Debussy ou encore La clémence de Titus de Mozart.

Stéphanie aime à alterner les héroïnes baroques (ou non) tragiques avec des partitions plus enjouées.
Véritable tragédienne elle s'épanouit également dans les rôles plus légers, pour notre plus grand plaisir il faut bien l'avouer, passant récemment de Carmen (rôle éponyme) à Sesto (La clémence de Titus) à Rosine (Le barbier de Séville) à Charlotte (Werther) -saison 2017/2018-....

Ses performances vocales sont très souvent saluées unanimement par la critique, tout comme ses interprétations. Stéphanie est toujours très impliquée  - à 200% - dans ses rôles au point de verser parfois quelques larmes sur scène comme dans "Athys" de Lully ou encore dans "La voix humaine" de Poulenc, sans parler d'une particularité très appréciable (et pas si courante à l'opéra) pour les spectateurs : sa diction parfaite qui rend les œuvres encore plus intéressantes et intenses. Stéphanie bien que chantant dans plusieurs langues, aime notre belle langue française et excelle donc dans les opéras français (mais pas que).

Elle déborde d'énergie et paraît aussi indomptable que sa chevelure.... Son talent l'emmène à parcourir le monde entier pour se produire dans des opéras, mais aussi pour des récitals avec entre autre son complice/pianiste de toujours Pascal Jourdan ou  encore des concerts avec l'ensemble Amarilis. On peut donc la retrouver aussi bien en Russie, aux Etats-Unis, en Espagne, en Allemagne, en Suisse, en Angleterre (très présente au festival de Glyndebourne  où elle y a ses habitudes), qu'en Chine ... - bref une vraie globe-trotter - .... et bien sûr partout en France pour notre plus grand plaisir.


A noter que Stéphanie a reçu plusieurs prix ou récompenses : le prix Bernac en 1999, en 2000 elle a remporté le concours des Radios Francophones, une victoire de la musique «révélation artiste lyrique de l’année» en 2002, le Gramophone Editor’s Choice pour le CD de Haydn (2010).... et bien d'autres à venir à n'en pas douter :-)